IL Y A 100 ANS, LES JEUX D’ANVERS

UN SYMBOLE DE PAIX ET D'UNITÉ

Après la Première Guerre mondiale, le Comité International Olympique (CIO) a choisi Anvers pour accueillir les Jeux Olympiques de 1920. Les organisateurs ont surmonté de nombreux obstacles pour offrir une édition des Jeux qui est toujours reconnue pour ses contributions durables au sport, à l’égalité des sexes, à l’unité et à la paix

Cent ans plus tard, alors que le monde entier lutte contre la pandémie dévastatrice de COVID-19, les Jeux Olympiques d’Anvers 1920 continuent d’exister comme un symbole de solidarité et de reconstruction.

Il existe différentes manières de restituer l’histoire d’un événement historique passé, et à cette occasion célébrer un Centenaire comme celui des Jeux Olympiques d’Anvers qui se sont ouverts le 14 août 1920.

 

Nous avons choisi de conduire ce récit à travers une sélection d’artefacts, documents d’archives, photos et séquences vidéo issus de nos collections.
Ces différents supports sont autant de témoins qui en « parlent » particulièrement bien grâce à la patine du temps qu’ils possèdent et à l’émotion qui s’en dégage.

 

LE GRAND JOUR DE LA CEREMONIE D’OUVERTURE

 

A l’issue de la guerre, le Roi des Belges porte l’uniforme militaire marquant son rang de chef des armées ; les officiels ont revêtu leur costume trois pièces noir et leur haut-de-forme, chapeau de rigueur quand il s’agit de s’apprêter pour une grande occasion.

Dans les tribunes du Stade olympique, parmi les 35 000 spectateurs, il y a beaucoup de canotiers sur la tête des hommes et de chapeaux cloches sur celles des femmes, des accessoires de mode dans le style Années folles de l’époque.



Anvers 1920 : De gauche à droite, Pierre de Coubertin, président du CIO, Alfred Verdyk, Albert Ier, le Roi des Belges et Henri de Baillet-Latour, membre belge du CIO, font leur entrée dans le Stade Olympique. © CIO

 
 

Anvers 1920 : Echange entre le Roi Albert Ier et Henri de Baillet-Latour, membre du CIO, fondateur du Comité Olympique belge et l’un des principaux organisateurs de ces Jeux. © CIO

 
 



Anvers 1920 : La tribune officielle, avec à droite le Roi Albert Ier, et son épouse ; à gauche Henri de Baillet-Latour. © CIO

 
 

Anvers 1920 : Le Roi aux cotés de sa femme et de Pierre de Coubertin. © CIO

 
 

LE DEFILE DES ATHLETES : MOMENT FORT DE LA CEREMONIE

 

Ce cérémonial est absent des premiers Jeux de l’ère moderne à Athènes en 1896. Il n’est institué que 12 ans plus tard aux Jeux de Londres en 1908. Le protocole veut que les délégations défilent dans l’ordre alphabétique de la langue du pays hôte, sauf la délégation de la Grèce qui ouvre la marche en souvenir de l’origine des Jeux Olympiques, et celle du pays hôte qui la clôt. Chaque délégation est précédée d’une enseigne portant son nom et de son drapeau.Aux Jeux d’Anvers le défilé compte 29 délégations et il est plus que jamais un symbole fort de paix et d’unité entre les peuples en cette période d’après-guerre.

 
 

Anvers 1920 : Les délégations participantes défilent. © Pathé Film&Universal Studios

 
 



Anvers 1920 : Carte de bienvenue du Comité exécutif des Jeux aux délégations et Comités Nationaux Olympiques. © CIO

 
 



Anvers 1920 : Après le défilé, les 29 délégations sont rassemblées dans le Stade olympique. © CIO

 
 

L’INTRODUCTION DE RITUELS QUI FERONT TRADITION

 

L’édition des Jeux Olympiques d’Anvers est celle de trois premières étroitement liées aux valeurs fondatrices de l’esprit olympique :

  • Le lever du drapeau olympique
  • La prestation du serment olympique par un athlète
  • Le lâcher symbolique de colombes

Retrouvez l’article de notre blog consacré à ces premières.

Dans son ouvrage « Autour de la VIIe Olympiade » Pierre de Coubertin raconte les coulisses de ces Jeux et sa perception de l’événement qui vient de se dérouler. Il y souligne les innovations apportées par cette édition, et l’engouement des athlètes pour cette nouvelle bannière aux cinq anneaux, qui deviendra par la suite l’une des marques les plus connues et reconnues dans le monde.

 
 



Petit ouvrage écrit par Pierre de Coubertin : page de couverture et page où il parle des innovations. © CIO

 
 

« […] Cette fois, il y a eu deux innovations ; d’abord le serment des athlètes, prononcé par l’un d’eux (un Belge tenant le drapeau de son pays), au nom de tous […]

[…] La seconde innovation a été l’apparition du drapeau olympique, dont les cinq anneaux enlacés, multicolores sur fond blanc, évoquent les cinq parties du monde unies par l’olympisme, en même temps que s’y retrouvent les couleurs de toutes les nations. Ce drapeau avait été inauguré à Paris en juin 1914, lors des fêtes du XXe anniversaire du rétablissement des Jeux Olympiques, mais il n’avait pas encore participé à la célébration d’une Olympiade. »

 
 

Un des exemplaires du drapeau réalisé par le magasin parisien du « Bon Marché » en 1914 à la demande de Coubertin. © CIO

« À Anvers, [les] reflets joyeux [du drapeau olympique] chatoyaient partout et son succès fut grand, si grand même qu’un groupe d’athlètes en fit, une belle nuit, dans la ville, une rafle abondante aux fins de rapporter chez soi ce tangible souvenir de la viie Olympiade. Par malheur la police veillait : arrestations, procès-verbal, intervention consulaire, etc…

Ce ne fut pas là, cela va de soi, l’unique incident. Il y en eut d’autres, mais pense-t-on qu’à Olympie, jadis, les choses se passaient sans dispute ou sans bagarres ? Comment réunirait-on pour vivre en commun une existence de saine exaltation physique des centaines et des centaines de jeunes gens appartenant à des peuples dont beaucoup, hier encore, se regardaient de travers, sans que, de-ci, de-là, n’en jaillissent un mot trop vif ou un geste un peu brusque ? »

 
 

RECOMPENSES OLYMPIQUES

 

En 1920 les Jeux Olympiques d’Anvers rassemblent 29 nations, 2 626 athlètes (dont 65 femmes) qui prennent part à 156 épreuves dans 22 sports, avec quelques nouveautés ! Retrouvez l’article de notre blog consacré à ce sujet.

Les compétiteurs les plus en vue sont notamment le coureur de fond finlandais Paavo Nurmi, l’escrimeur italien Nedo Nadi, la nageuse américaine Ethelda Bleibtrey et la joueuse de tennis française Suzanne Lenglen, ainsi que le tireur sportif suédois Oscar Swahn qui remporte une médaille d’argent au « tir au cerf courant coup double » par équipes, et devient le médaillé le plus âgé de l’histoire.

Tous rentrent dans leur pays respectif avec le souvenir d’une expérience incroyable, et de manière tangible avec un diplôme et une ou plusieurs médailles, récompenses uniques et précieuses dans leur carrière.



Anvers 1920 : Diplôme de vainqueur. © CIO

 
 

1350 exemplaires de ce diplôme furent distribués aux vainqueurs et à quelques concurrents non classés mais ayant réalisé des performances extraordinaires.



Anvers 1920 : Détail du diplôme de vainqueur, 3e place, attribué à Georges Rooms (BEL), épreuve de poids et haltères (poids léger). © CIO

 
 



Anvers 1920, médaille de vainqueur, or. © CIO

 
 

Sur l’avers, un athlète nu tient dans la main une palme et une couronne de laurier, symboles de victoire. Derrière lui, la figure de la Renommée jouant de la trompette. A l’arrière-plan une frise à motif grec avec en dessous l’inscription : » VII OLYMPIADE ».

Sur le revers, le monument d’Anvers commémorant la légende de Brabo lançant dans l’Escaut la main coupée du géant Druoon Antigoon, qui terrorisait le fleuve. Dans le fond, la cathédrale et le port d’Anvers. Dans la partie supérieure l’inscription : « ANVERS MCMXX ».

 
 



Anvers 1920, médaille de vainqueur, argent. © CIO

 
 



Anvers 1920, médaille de vainqueur, bronze. © CIO

 
 



Anvers 1920 : le Roi Albert Ier félicitant l’escrimeur Nedo Nadi (ITA) : médaille d’or au fleuret individuel, au sabre individuel et également aux épreuves du fleuret, du sabre et de l’épée par équipes. © CIO

 
 

 
 

REMERCIEMENTS ET FELICITATIONS POUR LES ORGANISATEURS

 

Dans un beau Livre d’or grand format en cuir, les membres du CIO relèvent la réussite de ces Jeux, et expriment toute leur reconnaissance aux organisateurs :

« Les membres du Comité International Olympique assemblés à Lausanne, se remémorant joyeusement les belles fêtes d’Anvers et constatant les magnifiques résultats qu’a produits la célébration dans cette ville des Jeux de la VIIème Olympiade, expriment à leur collègue et ami, Henry de Baillet-Latour leur admiration et leur gratitude pour l’énergie, la constance et l’habileté avec lesquelles il a présidé à l’organisation des concours et des Fêtes olympiques de 1920 – Lausanne, Mai-Juin 1921. »

 
 



Couverture de l’album et page de texte. © CIO

 
 



Pages des signatures et dos de l’album. © CIO

Première page de signatures, dans l’ordre :

(Baron) Pierre de Coubertin, Robert de Courcy Laffan, Dr Jiri Guth-Jarkovsky, (Général) Carlo Montù, Angelo C. Bolanaki, J. Sigfrid Edström, (Comte) Clarence von Rosen, P. J. Matheu, (Baron) Godefroy de Blonay, (Comte) Henri de Baillet-Latour, (Comte Justinien) Clary, (Baron) F. W. de Tuyll (de Serooskerken), Raul do Rio Branco, (Marquis) Melchior de Polignac.

Deuxième page de signatures, dans l’ordre :

Baron (Edouard-Emile) de Laveleye, Ernst Krogius, (Jean-) Maurice Pescatore, Comte (José Capelo) de Penha Garcia, Georges A. Plagino, (Comte Alexandre) Mercati, James G. Merrick, Albert Glandaz, (Comte Albert) Gautier Vignal, (Colonel) Fritz Hansen, Carlos F. de Candamo, Miguel de Beistegui, (Prince Léon) Ouroussoff, (Général) C. H. Sherrill, (Brigadier-général) Reginald John Kentish, Marcelo T. de Alvear, Dorn y de Alsua, William May Garland, (Colonel) Johan (T.) Sverre (Général) Viktor (Gustav) Balck, (Professeur) William Milligan Sloane .

 
 



Anvers 1920 : Les membres du CIO et Le Roi des Belges (en uniforme militaire).© CIO

 
 

AUJOURD’HUI COMME HIER, #STRONGERTOGETHER

 

Evoquer le passé en célébrant le centenaire des Jeux d’Anvers 1920 c’est aussi une façon de se rappeler les moments inspirants du passé, l’émotion et le dépassement de soi liés aux Jeux Olympiques. Aujourd’hui, un an avant les JO de Tokyo 2020, nous vivons un moment important, un nouveau voyage avant de pouvoir se réunir et célébrer, tous ensemble !